Yuval Noah Harari, Homo Deus : Une brève histoire de l'avenir

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Résumé

Sapiens retraçait l’histoire de l’humanité. Homo Deus interroge son avenir. Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu’adviendra-t-il de l’Etat providence lorsque nous, les humains, serons évincés du marché de l’emploi par des ordinateurs plus performants ? Quelle utilisation certaines religions feront-elles de la manipulation génétique ? Homo Deus nous dévoile ce que sera le monde d’aujourd’hui lorsque, à nos mythes collectifs tels que les dieux, l’argent, l’égalité et la liberté, s’allieront de nouvelles technologies démiurgiques. Et que les algorithmes, de plus en plus intelligents, pourront se passer de notre pouvoir de décision. Car, tandis que l’Homo Sapiens devient un Homo Deus, nous nous forgeons un nouveau destin.

Note Fred

OK, il n'y a pas la magie de Sapiens, mais Homo Deus : Une brève histoire de l'avenir reste passionnant: ce médiéviste a décidément été touché par la grâce.

Extrait

Au XIXe siècle, la révolution industrielle créa un immense prolétariat urbain, et le socialisme se propagea car aucun autre credo ne réussit à répondre aux besoins, espoirs et peurs inédits de cette nouvelle classe laborieuse. Le libéralisme ne finit par vaincre le socialisme qu’en adoptant les meilleurs aspects du programme socialiste. Au XXIe siècle, nous pourrions bien assister à la formation d’une nouvelle classe non laborieuse massive : des gens sans aucune valeur économique, politique ou artistique, qui ne contribuent en rien à la prospérité, à la puissance et au rayonnement de la société. Cette « classe inutile » ne sera pas simplement inemployée, elle sera inemployable.

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Les hommes en sont arrivés à associer les pelouses au pouvoir politique, au statut social et à la richesse économique. Pas étonnant qu’au XIXe siècle la bourgeoisie montante ait adopté la pelouse avec enthousiasme. Au début, seuls les banquiers, les avocats et les industriels pouvaient s’offrir ce luxe dans leurs demeures privées. Quand la révolution industrielle a élargi les rangs de la bourgeoisie et donné naissance à la tondeuse et au tourniquet, des millions de familles ont pu s’offrir du gazon. Dans les banlieues américaines, une pelouse impeccable a cessé d’être un luxe de nanti pour devenir un must de la classe moyenne.

C’est alors qu’un nouveau rite est venu s’ajouter à la liturgie des banlieues. Après l’office du dimanche matin à l’église, beaucoup de gens se sont mis à tondre soigneusement leur pelouse. En se promenant dans les rues, un coup d’œil suffisait à s’assurer de la richesse et de la position d’une famille à la taille et à la qualité de sa pelouse. Une pelouse négligée à l’avant est le signe le plus sûr que quelque chose ne va pas chez les Jones. Le gazon est désormais la culture la plus répandue aux États-Unis après le maïs et le blé, et l’industrie de la pelouse (plantes, engrais, tondeuses, systèmes d’arrosage, jardiniers) représente des milliards de dollars chaque année.

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  • Dernière modification: 2018/10/05 07:48
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