Jean-Marie Villemot, Les petits hommes d'Abidjan

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La nouvelle (et troisième) aventure du père Abel Brigand, détective et saint homme s’il en est, se déroule à Abidjan en pleine guerre civile. Assise Brizalekou, la capitaine de police d’origine ivoirienne (que les lecteurs de Villemot ont rencontrée dans Ce monstre aux yeux verts), lui a demandé de se rendre là-bas, au chevet de sa mère en phase terminale de cancer. Mais le curé de la paroisse de Montmorency va être confronté sur place à bien plus que le simple exercice de son ministère. En matière d’extrême onction, il a fort à faire. Le voilà embarqué dans une enquête périlleuse sur fond de chasse aux Blancs. Cadavres mutilés, bizarrement accoutrés. Le commissaire Innocent Blé, d’Abidjan, penche pour des crimes racistes, mais le bon père n’est pas de cet avis. Abel Brigand, c’est Sherlock Holmes et Rouletabille à Cocody. Le héros de Jean-Marie Villemot se démène comme un beau diable au milieu d’une intrigue vraiment pas catholique. Dans ce polar cruel et exotique, les dialogues en nouchi (argot ivoirien) sont à se tordre. Et il faut bien ça pour atténuer le portrait terrifiant mais juste que Villemot dresse d’un pays en plein naufrage.

Note Fred

Un excellent polar, avec une très belle lecture de la Côte d'Ivoire, sans compromis mais aussi très humaine. J'ai beaucoup aimé. Et dans ce siècle de bigots chevrotants et (b)ovins, le personnage du père Abel Brigand donne presque encore envie de croire qu'il peut y avoir des croyants fréquentables. Malheureusement, l'auteur est décédé fort jeune, ce qui nous laissera sur notre soif - il y a peu d'autres ouvrages.

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  • Dernière modification: 2011/11/07 10:00
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