The Wire (Sur écoute)

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Ça y est. Cinq saisons, 60 épisodes de près d'une heure chacun, plus de 50 heures de vautrage avec ma douce devant cette série. Un pic dimanche passé où nous avons, pour la première fois, vu trois épisodes de suite - les trois derniers. Allez, ça vaut bien un billet un peu plus long que d'habitude...

Nous, on aime pas la télé. Et donc les séries. Mais "The Wire", c'est différent. Au point que je tagge ce billet "cinéma".

Je m'en souviens comme si c'était hier: au bord du Rhône, au début de cet été, mon ami P. me confie qu'il est accro à une série qu'il regarde en streaming (le pauvre).

- Quelle série?

- The Wire. Une histoire de flics et de dealers à Baltimore.

Flashback. Mon ami L., quelques mois auparavant. Il m'a déjà parlé de cette série.

- Bof... une série...

- Tu te trompes. Il n'y a plus de cinéma américain. Tout passe par les séries. Et parmi les séries, il y a une série. The Wire. Basé sur un bouquin de David Simon. Je l'ai.

L. me prête le bouquin de David Simon, Baltimore, qui m'a enthousiasmé (voir le billet correspondant).

On se décide à voir la série. Et on devient total accro... Et on a adoré.

B-more, comme dirait "Snoop", ville américain méconnue. Simon, qui y a passé un an en immersion auprès de la brigade des homicides, s'allie à Ed Burns et l'auteur de polar Pelecanos pour signer le scénario de ce petit chef d'oeuvre.

Je n'évoquerai pas l'intrigue, l'article de wikipédia le fait très bien (voir aussi la version anglaise). Disons simplement: Sophocle revisité dans une grande ville US au tournant du XXIe siècle. Des policiers (prononcer : poooooo...lice). Des gansters. Des dealers et des consommateurs. Des politiciens. Parmi les gangsters, certains bêtes, certains méchants, certains bêtes et méchants, souvent cruels, par nécessité. Parmi les rares gangsters gentils, tous ou presque ont une espérance de vie plutôt réduite, mais il y a tout de même des exceptions, ou des repentis (euh, en fait pas au pluriel: il n'y en a qu'un, et encore c'est un jeune qui était pas trop doué pour ce métier).

On sort des stéréotypes hollywoodiens pour entrer dans un monde terriblement réel, peut-être parfois même trop réel, ce dernier rattrapant les protagonistes et sabordant toute tentative éthique vers une étique toute somalienne. Pour un sociologue ému de philosophie, c'est tout dire.

La caméra est excellente - dans la dernière saison, on a des prises de vue d'un policier en planque avec une lumière venant de la fenêtre de l'immeuble qui ne sont pas sans rappeler certains tableaux de Vermeer de Delft (vous savez, la fameuse lumière à gauche).

La bande son est là et pas qu'un peu, avec une zique trop bien même qu'on sent la patte de Pelecanos.

Enfin, parmi les personnages, qui sont tous d'une sacrée profondeur (pas l'inverse), j'ai particulièrement aimé Bunk (un flic coriace, taciturne et philosophe) et Omar - le voleur de dealer, qui m'a beaucoup rappelé un ami.

Voilà. C'est fini. J'ai adoré ce marathon, même si ça m'a rendu aussi accro qu'un héroïnomane de "The Wire". Mais je vais décrocher. Si. Si. Aucun problème. J'arrête quand je veux.

(Euh Fab, on se ferait une nouvelle série?)

Non. Pour de vrai. Avec la pile de bouquins en souffrance et les sorties cinéma prévues, il n'y aura pas de souci. Et surtout, je ne suis pas trop sûr que cette série ait une quelconque concurrence.

Si vous avez un autre avis, les commentaires sont là pour ça...

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  • Dernière modification: 2013/10/05 08:00
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