Coronavirus et capitalisme: Marchés ouverts fermés

Source de l'image: Stanisław Wyspiański / Public domain

Genève marche au pas du Conseil fédéral et du grand capital

Si vous n'avez pas suivi, la Ville de Genève a suivi comme un seul homme le Conseil Fédéral et a ordonné la fermeture des marchés.

Les citoyen·ne·s peuvent donc se contaminer parmi en faisant la queue pour acheter et stocker frénétiquement des produits plein de pesticides dans les supermarchés - avec quelques palettes de PQ bien sûr, mais plus se rendre sur leur marché pour y acheter des produits frais de proximité.

Cette décision reflète bien une réalité, l'emprise de l'économie sur le politique. On se demande pourquoi la Suisse a réagi de manière aussi tardive et peu énergique à la crise du coronavirus, comme l'ont regretté des spécialistes en épidémiologie. Est-ce parce que “le Suisse se lève tôt mais se réveille tard”?1) Parce que la Suisse doit respecter sa place dans le top ten des pays comptant le plus grand nombre de suicides?

Que nenni!

L'idée était sans doute2) nettement plus sournoise et poussée par les groupes de pressions de l'économie auprès du Conseil fédéral (le fameux “huitième conseiller”): il fallait absolument continuer à produire et à consommer, si nécessaire au détriment de la santé des habitant·e·s de l'un des pays les plus riches du monde, business oblige.

Il est certain qu'au risque de créer une crise du système fédéraliste, il était difficile à la Ville de Genève d'ignorer l'ordonnance bernoise. On peut cependant regretter qu'une ville censée être majoritairement à gauche et écologiste, comme l'ont démontré les dernières élections, ait appliqué cette ordonnance telle quelle, sans en discuter, au sens premier du terme, le contenu.

D'ailleurs, aurait-il vraiment été si difficile de faire respecter les distances sociales sur les marchés? Mais que fait la police?

Quand on voit comme les client·e·s se serrent dans les files avec leur caddies, on se pose vraiment des questions.

Si vous voulez en savoir plus

Communiqué de presse du MAPC – Marchés et coronavirus

Qui est vraiment « nécessaire » ?

Hier soir, le Conseil fédéral a décidé de fermer tous les marchés jusqu’à nouvel ordre, en maintenant ouverts « les magasins d'alimentation et les commerces qui proposent des denrées alimentaires et des biens nécessaires à la vie quotidienne (p. ex. kiosques, magasins de stationsservice) ». Cette directive a été suivie par la ville de Genève, nous empêchant de nous rendre sur les marchés auxquels nous sommes inscrites*.

La décision de la ville de Genève

“Sur la base de l’ordonnance du Conseil fédéral (art 6. al.2 a), la Ville de Genève suspend avec effet immédiat l’ensemble de ses marchés qui sont des points de rassemblement importants et qui impliquent par la force des choses des contacts rapprochés entres client-e-s et marchand-e-s. La Ville remercie les exploitant-e-s pour leur collaboration et le public pour sa compréhension.”

Source: https://www.geneve.ch/fr/faire-geneve/marches-ville-geneve/calendrier-marches

Ordonnance du CF: https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/20200744/index.html

1)
citation faussement attribuée à Voltaire, en fait beaucoup plus tardive et de Denis de Rougemont
2)
“sans doute” car je ne veux pas m'avancer plus pour ne pas me faire accuser de complotisme, moi qui ai horreur de cela… C'était peut-être juste un choix inconscient, on sait les limites de l'analyse rationnelle
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  • Dernière modification: 2020/03/18 06:33
  • par radeff