Carla Del Ponte, La Traque des criminels de guerre et moi

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L'avis de Fred

On a une chouette pratique dans l'immeuble, on pose des bouquins dont on ne veut plus dans le hall d'entrée, La semaine passée, j'ai craqué pour l'autobiographie de l'ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) (voir wikipédia).

Rapidement lu, pratiquement comme un polar, c'est un livre écrit avec les pieds et traduit avec les fesses: écrit à l'origine en italien: La caccia, Io e i criminali di guerra (Feltrinelli, 2008) , la traduction française se base sur... la traduction anglaise!. Pas mal de coquilles typo et un style assez insupportable, on ne peut qu'espérer que Madame Del Ponte a été meilleure procureure qu'écrivain.

Quelques éléments à noter:

Rapports cocasses avec Védrine, "sûr de lui" et "condescendant".

La "maison jaune", dans laquelle l'UCK fit des prélèvements d'organes de prisonniers (de loin pas tous serbes) pour les revendre sur le marché, avant de les abattre - à noter que selon la journaliste Florence Hartmann, les faits ne sont pas avérés (source: wikipédia)

"Je m'inscris en faux" (assez drôle, non, comme phrase, pour une procureure poursuivant des génocidaires?)

Il faut attendre l'épilogue pour avoir la première phrase d'autocritique: "Certes, j'aurai pu mieux faire".

Enfin, cerise sur le gâteau, omniprésente, une publicité masquée pour Marlboro et les sacs Vuitton (marque citée au moins douze fois).

Ce bouquin a au moins un mérite, il nous replonge dans les vingt dernières années de houleuses relations internationales.

Note de l'éditeur

En 1999, le conseil de sécurité des Nations unies nomme Carla Del Ponte procureur général du Tribunal pénal international pour le Rwanda et pour l’ex-Yougoslavie. Forte de l’autorité que lui confère ce poste, elle ose dénoncer l’attitude coupable de certains gouvernements face aux génocides. Son tribunal poursuit les criminels quelle que soit leur protection. Dans cette autobiographie qui dérange, Carla Del Ponte livre des noms et formule des accusations embarrassantes. Ce témoignage fascinant force l’admiration.

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  • Dernière modification: 2018/10/05 07:48
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