Arto Paasilinna: Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés (1986)

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Ne vous fiez pas à l'atroce couverture moche et ridicule: qui a bien pu avoir cette idée? S'il habitait le Macabraguay, ce serait le supplice du perroquet immédiat! Et s'il était Vachardoslave, l'asile direct avec grosse médicamentation psychotropique toxique.

Arto Paasilinna, j'en avais lu deux (le célèbre Lièvre de Vaatanen pour lequel, honte à moi, je n'ai pas fait de billet sur mon cher journal que vous parcourez en ce moment présent, là, exactement (faudra que je le relise et que je me rattrape) et Le Potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison que j'avais nettement moins aimé. L'idiot[1] philologue Surunen, passe à l'action au sens marxien du terme$$Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer.'' (Karl Marx, Thèses sur Feuerbach, 1845)$$ et nous décrit ainsi une tranche d'histoire - le roman date de la fin des années '80 mais n'a pas vraiment pris une ride.

À part cette f... couverture (une fois rangé dans la bibliothèque ça ira mieux, à moins que ne l'offre à un-e pote-sse), j'ai beaucoup aimé, toujours de ton léger un peu déjanté mais parfois surprenant, par exemple lorsque Surunen abat froidement et systématiquement ses ex-tortionnaires. Les personnages picaresques restent toujours attachants et un peu border-line, à part les méchants qui sont tous punis, on est presque chez Dante.

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Arto Paasilinna dans une forêt vraisemblablement finlandaise

4e couverture

Le très distingué professeur Surunen, membre finlandais d'Amnesty International, las de se contenter de signer des pétitions, décide de prendre les choses en main. Il s'en va personnellement délivrer les prisonniers politiques qu'il parraine en Macahraguay, petit pays d'Amérique centrale dirigé par un dictateur fasciste sanguinaire. Après le succès de l'évasion de cinq d'entre eux, et non sans avoir goûté a la torture des geôles locales, Surunen accompagne l'un de ses protégés jusqu'au paradis communiste, un pays d'Europe de l'Est baptisé la Vachardoslavie. Là, il découvre le triste sort d'une poignée de dissidents enfermés dans un asile psychiatrique, et s'emploie à les libérer à leur tour. Revisitant à sa façon Tintin au pays des Soviets, Paasilinna renvoie dos à dos les dictatures de tous bords avec une ironie mordante et un sens du burlesque accompli.


Note

[1] idiot à entendre au sens dostoïevskien du terme, ici on est sérieux, on ne rigole pas...

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