Daech et la réponse sécuritaire, une impasse

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Un texte engagé sur La Horde, Leurs guerres, nos morts

Extraits:

Les conséquences politiques de ces attentats apparaissent aujourd’hui clairement : tandis que les réactionnaires de tous poils vomissent leur haine raciste et se déchaînent contre les musulman-es, le gouvernement cherche à installer un climat d’union nationale pour légitimer une intensification des opérations militaires au Moyen-Orient et pour justifier la mise en place de nouvelles mesures sécuritaires. Or non seulement ces mesures mettent en danger les libertés publiques mais en plus les restrictions des libertés n’ont jamais permis d’assurer la sécurité des populations. Elles ont par contre toujours été utilisées pour étouffer les contestations et les mobilisations sociales. En prolongeant l’état d’urgence, qui permet la suspension de nombreux droits démocratiques et la légalisation de mesures répressives de grande ampleur, mais aussi en proposant de modifier la Constitution pour y inscrire la possibilité de recourir à un « régime civil d’état de crise », le chef de l’État a clairement montré qu’il faisait le choix de renforcer les dispositifs liberticides. Et que dire du coût de ces mesures, à l’heure où les droits sociaux (éducation, santé, logement…) sont rognés sous prétexte de crise économique ?

Face à cela, nous pensons qu’il faut au contraire enrayer la surenchère va-t-en-guerre en mettant un terme aux interventions militaires tous azimuts qui n’ont jamais permis d’endiguer le djihadisme. Les politiques militaristes et impérialistes sont en partie responsables de la situation actuelle et poursuivre dans ce sens ne mènera qu’à une surenchère incontrôlable et dramatique, dont les premières victimes seront les populations civiles. Sur le plan intérieur, nous opposons à la logique de l’escalade guerrière celle de la solidarité et nous appelons à ce que les mobilisations sociales se poursuivent. Nous nous opposons aux annulations de manifestations décrétées par les pouvoirs publics et nous appelons les organisations du mouvement social à maintenir leur calendrier de mobilisation. L’ « union nationale » qu’on cherche à nous imposer est une manière de faire taire la lutte sociale, ce que nous refusons et dénonçons. L’extrémisme religieux doit être combattu, quelles qu’en soient les formes, mais cela ne peut se faire ni en rognant les libertés de toutes et tous, ni en stigmatisant une partie de la population en raison de ses origines ou de sa religion.

Source: La Horde, Leurs guerres, nos morts

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  • Dernière modification: 2019/12/10 04:43
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