Victor Hugo, Les misérables, Tome 1 - FANTINE (1862)

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Suite au film chanté Les Misérables, étonamment bon, et en prévision de vacances pasquales parisiennes, j'avais téléchargé les Misérables sur Gutenberg. Et j'ai lu le premier volume, à grand peine. Autant, il y a huit ans, j'avais eu du plaisir avec "Notre Dame" (lors de notre dernier voyage à Paris, où je faisais des résumés pour les enfants), autant là... Un mortel ennui. Je jette l'éponge pour les tomes suivants, du moins jusqu'à nouvel avis. Et je les efface de ma liseuse...

Quelques notes:

L'homme est bon, c'est le bagne qui le corrompt:

"Jean Valjean n’était pas, on l’a vu, d’une nature mauvaise. Il était encore bon lorsqu’il arriva au bagne. Il y condamna la société et sentit qu’il devenait méchant, il y condamna la providence et sentit qu’il devenait impie."

"Écoutez, messieurs les juges, un homme aussi abaissé que moi n’a pas de remontrance à faire à la providence ni de conseil à donner à la société ; mais, voyez-vous, l’infamie d’où j’avais essayé de sortir est une chose nuisible. Les galères font le galérien. Recueillez cela, si vous voulez. Avant le bagne, j’étais un pauvre paysan très peu intelligent, une espèce d’idiot ; le bagne m’a changé. J’étais stupide, je suis devenu méchant ; j’étais bûche, je suis devenu tison."

Amour de la (bonne) lecture:

"Or on ne lit pas impunément des niaiseries."

Précurseur du polar moderne / ubiquité Valjean-Javert:

"Javert était né dans une prison d’une tireuse de cartes dont le mari était aux galères. En grandissant, il pensa qu’il était en dehors de la société et désespéra d’y rentrer jamais. Il remarqua que la société maintient irrémissiblement en dehors d’elle deux classes d’hommes, ceux qui l’attaquent et ceux qui la gardent ; il n’avait le choix qu’entre ces deux classes ; en même temps il se sentait je ne sais quel fond de rigidité, de régularité et de probité, compliqué d’une inexprimable haine pour cette race de bohèmes dont il était. Il entra dans la police."

"Une tempête sous un crâne", long monologue intérieur dostoïevskien assez réussi, mais à la sauce cartésienne primaire (si... si... alors)

Noter le rôle des rêves ("Formes que prend la souffrance pendant le sommeil"), quasi freudien.

"Voyager, c’est naître et mourir à chaque instant." (une typique formule à l'emporte pièce comme les aime Hugo, et comme je les déteste).

En guise de conclusion

Pas étonnant que tout le monde politique se retrouve acclamant Hugo, en ce début de siècle en crise morale. Cette éthique simpliste, c'est rassurant et ça attire certainement pleins d'électeurs.

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  • Dernière modification: 2013/04/06 10:00
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