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Gianrico Carofiglio, L'été froid

Une guerre sanglante éclate dans les rues de Bari suite à l’enlèvement du fils de l’un des parrains de la ville…

Été 1992. Meurtres, attentats, enlèvements : la Mafia fait régner la terreur dans les rues de Bari. Quand il apprend qu’un enfant a été kidnappé, le maréchal Pietro Fenoglio sait que le point de non-retour est atteint : il s’agit du fils d’un des parrains les plus puissants de la ville. La guerre est déclarée. Le chef du clan rival, qui sent le vent tourner, décide de collaborer avec la justice pour sauver sa peau. Il se lance alors dans un récit hypnotique qui fera plonger Fenoglio et le lecteur au plus profond d’un système où l’omerta est le mot d’ordre.

J'avais trouvé bien mais sans plus Gianrico Carofiglio, Les yeux fermés. Il m'aura fallu plus de deux ans pour me replonger dans l'univers glacé de Carofiglio, et j'ai adoré ce polar impitoyable, dans lequel on trouve aussi des échanges inattendus mais excellents, à l'instar de l'extrait suivant:

— Oui, son procès-verbal est totalement plausible, et très amusant. Si j’arrive à mettre la main dessus, je vous l’apporterai. Toutefois, le plus intéressant, c’est ce que dit Calvino sur la raison pour laquelle les procès-verbaux sont écrits de cette façon.

— Et pourquoi ?

— Calvino parle de terreur sémantique. Son idée, c’est que la langue des procès-verbaux évite les mots ayant un sens commun et concret parce que celui qui écrit désire inconsciemment souligner qu’il se place à un niveau supérieur par rapport aux choses matérielles dont il s’occupe. C’est une tentative pour prendre de la distance par rapport à la concrétude du monde réel. Calvino appelle ça une anti-langue. Une langue loin des signifiés et loin de la vie.

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  • Dernière modification: 2021/11/16 06:25
  • de radeff