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Ross Thomas, Zigzag

L'oeuvre majeure d'un monument du thriller américain enfin traduite en français : une pépite sombre et désopilante qui va vous faire rejoindre la légion des fans de Ross Thomas. Artie Wu et Quincy Durant se sont rencontrés enfants dans un orphelinat. Depuis, Artie le rusé et Quincy le colérique forment un duo de choc, passé maître dans les jeux de dupes, auquel le gouvernement américain fait parfois appel pour des missions loin d'être officielles. Installés dans une luxueuse maison sur la côte californienne, nos deux hommes auraient peut-être pu prétendre à une existence tranquille si Artie ne s'était pas vautré un beau matin sur un pélican mort. Secouru par leur voisin, “ l'homme aux six lévriers ”, un richissime homme d'affaires, Artie en profite pour lui faire une étonnante proposition qui pourrait leur permettre à tous de gagner beaucoup d'argent. Bien sûr, avec Artie et Quincy, le hasard n'en est jamais vraiment un. Et ce qui commençait comme une escroquerie savamment élaborée va bientôt prendre un tournant totalement inattendu et devenir une enquête entêtante sur le meurtre d'un sénateur américain. Zigzags est un pur plaisir de lecture : des dialogues désopilants, une intrigue palpitante et aussi tordue que ses protagonistes, des héros férocement attachants et une ambiance délicieusement 70's. La signature de Ross Thomas, l'un des grands classiques du roman noir américain avec Elmore Leonard et Donald Westlake, reste reconnaissable entre toutes.

Désopilant, je sais pas.

J'ai trouvé mezzo, mais il faut quand même avouer qu'il y a de petites perles.

La preuve:

À 50 ans, Betty Mae était toujours une belle femme bien en chair qui travaillait dur pour conserver une silhouette plantureuse. Elle conservait aussi une choucroute d’une étonnante nuance jaune chrome avec l’aide hebdomadaire de Margarita, qui travaillait au salon de beauté Gonzales en bas au coin juste à côté du Honorable Thief Cocktail Lounge, dont le propriétaire coréen, Sang Ho Shin, avait des ennuis avec sa jeune femme.

En guise de remède contre la solitude après la mort de J. B., Betty Mae s’était liée avec la plupart de ses voisins. Ceux qui ne voulaient pas devenir ses amis, elle les avait allégrement transformés en ennemis, se réjouissant des querelles concomitantes comme elle le faisait de ses amitiés. D’une manière ou d’une autre, Betty Mae Minklawn connaissait tout le monde dans son quartier et presque tout sur eux. Ce qu’elle ne savait pas, elle ne tardait pas à le découvrir. Elle avait recruté un réseau de jolis petits espions, dont la plupart avaient 9 ou 10 ans et qui étaient payés en gâteaux et sodas.

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  • Dernière modification : 2022/09/05 07:12
  • de radeff