LA RADIOACTIVITÉ ET LE VIVANT

Les ombres longues de Tchernobyl
par Dr Jacques MOSER
Médecin, Lausanne

Résumé  Les ombres longues de Tchernobyl: A partir du destin d'une famille, l'auteur tente de tracer en grandes lignes les problèmes de santé que l'explosion du réacteur atomique de Tcbernobyl a causés. Aux conséquences directes de la radioactivité (leucémies, cancers, malformations et déficience immunitaire) s'ajoute la destruction d'un tissu social et culturel. Les problèmes de santé liés à Tchernobyl doivent être considérés en fonction d'une définition nouvelle et globale de la maladie et de la santé.

Summary  The long shadows of Chernobyl: Starting with the fate of a family, the author tries to sketch the broad outlines of the health problems arising from the explosion of the Chernobyl nuclear reactor. In addition to the direct results of radioactivity (leukaemia, cancer, malformation and immune deficiency), there is the destruction of a social and cultural structure. The Chernobyl-linked health problems must be regarded in the light of a new and overall definition of sickness and health.


     Le 26 avril 1986, Serguei Nicolaïevitch K. se trouvait à Kiev pour le compte d'une entreprise de Pripiyat, ville située à quelques kilomètres du réacteur de Tchernobyl, et dans laquelle vivent la plupart des employés de cette immense exploitation. Lorsqu'il voulut acheter un billet de bus pour son retour à Pripiyat, la caissière, en larmes, lui expliqua qu'il n'était plus possible d'aller dans cette ville. Elle lui dit que le réacteur atomique avait explosé et que les bus ne se rendaient que jusqu'à la ville de Tchernobyl située, elle, à vingt-cinq kilomètres au sud du réacteur.
     Le bus était plein de femmes qui avaient toutes l'air inquiètes. Mais Sergtiei, qui est technicien, avait pleine confiance dans la sécurité nucléaire, et se dit que c'était probablement une petite avarie, comme cela arrivait souvent. Lorsque le bus croisa une cinquantaine d'ambulances, sirènes hurlantes, il fut pris, lui aussi, d'inquiétude.
     Arrivé dans la ville de Tchernobyl, Serguei croisa les premiers évacués. Plus aucun bus n'avait l'autorisation de continuer. Il décida donc d'aller à pied, laissant ses valises au bord de la route. Après quelques kilomètres, il rencontra des miliciens en tenue de protection qui lui interdirent de poursuivre sa route. Il décida donc de passer par la forêt. Mais là il n'en crut pas ses yeux: les feuilles, qui venaient d'éclore en ce début de printemps, avaient une couleur rouille!
     A Pripiyat, il venait de pleuvoir. Les enfants jouaient dans la rue, dans les flaques d'eau. La vie paraissait normale et Serguei monta sur le toit de sa maison pour contempler le réacteur en feu.
     La nuit suivante, il dormit d'un sommeil agité. Il entendit d'étranges bruits sous ses fenêtres, et constata avec étonnement que c'étaient des balayeuses qui arrosaient la chaussée. A deux heures du matin, un inconnu apporta des petites tablettes à toute la famille, en recommandant de les avaler tout de suite. Serguei ne sut qu'après coup que c'étaient des comprimés d'iode. Le matin, des camions pleins de nourriture arrivèrent et la population fut priée d'acheter de quoi se nourrir pendant deux jours. Dans la journée, la radio annonça que la ville allait être évacuée.
     Commença alors pour Serguei et sa famille une longue migration vers le sud, dont certaines étapes seront des hôpitaux. Début mai, il ressentit d'étranges malaises, des vertiges, des nausées. Au dispensaire local, on lui dit que ses globules blancs étaient très bas, que le cas était grave et il fut adressé à l'hôpital de district de Polieskoë.
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     L'hôpital était plein de citoyens de sa région, souffrant d'étranges maux. Après une dizaine de jours, son état s'améliora et il put quitter le service. Par la suite, il se fixa à Kiev.
     Là ce fut au tour des enfants d'être malades. Malgré la douceur du mois de juin, ils souffraient de toutes sortes d'infections, etaient pâles, nerveux. Les pédiatres parlaient d'anémie et de mauvaises formules sanguines, mais semblaient assez démunis quant aux possibilités de traitements.
     L'histoire de Serguei Nicolaïevitch et de sa famille ressemble au sort de dizaines de milliers de personnes. Elle serait presque banale. Mais Serguei est devenu par la suite, avec sa femme, un des fondateurs du mouvement d'entraide et de lutte «Les enfants de Tchernobyl».

*

     L'explosion du réacteur no 4 de la centrale atomique de Tchernobyl a libéré plus de radioactivité que ne l'ont fait les bombes de Hiroshima et Nagasaki réunies. Si on tient compte du fait que seulement 3-5% du matériel radioactif contenus dans le coeur se sont échappés, on mesure l'ampleur du cataclysme qui se serait produit si les équipes de «liquidateurs» n'avaient pas "réussi" à maîtriser le désastre, au prix d'un courage et d'un sacrifice véritablement héroïques. Si par malheur le feu n'avait pas pu être dompté le réacteur no 3 aurait pu prendre feu, puis le no 2 et le no 1. Quelles seraient alors les parties de l'Europe qui seraient encore habitables?
     Contrairement aux explosions de bombes atomiques, les accidents «civiles» rejettent beaucoup de radionucléides à longues demi-vies: le césium, le strontium, le plutonium. Le strontium et le césium sont actuellement les principales sources d'inquiétude dans les régions touchées par le nuage. Si le premier est retrouvé surtout dans la zone des 30 kilomètres autour du réacteur, le césium a été dispersé en quantité dangereuse sur des centaines de kilomètres, et contamine gravement le sol. La demi-vie du césium est de 30 ans, sa demi-vie «biologique» dans le sol d'une vingtaine d'années. Mais la fraction épurée du sol après cette période se retrouve dans des couches plus profondes et dans les nappes phréatiques. Dans l'eau, le contrôle est encore plus difficile que dans le sol, d'autant que les réseaux de courants souterrains ne sont pas toujours connus.

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     La contamination du sol n'est pas homogène, mais présente un aspect «tacheté». Dans le même village, on peut trouver des zones dont l'activité au sol est presque normale, alors que quelques dizaines de mètres plus loin, elle dépasse 40 curies au mètre carré. L'établissement d'une carte de contamination est extrêmement difficile. Dans la localité de Polieskoë, par exemple, la cartographie a été établie pour chaque maison, chaque chambre, chaque jardin. Une famille voit son fond de jardin interdit d'accès et clôturé par quelques planches rudimentaires. Comment faire comprendre aux enfants que certains terrains de leur village sont pestiférés? Les fleurs sont belles partout et ni les chats ni les chiens ne se brûlent les pattes en traversant les «points chauds».
     Dans le jardin de l'hôpital de Polieskoë, une équipe de décontamination est au travail, comme un peu partout dans la région. Le chef d'équipe porte un dosimètre au bout d'une perche, les autres creusent la terre et la versent dans des sacs en plastique. La terre contaminée sera ensuite déposée quelque part dans la «zone», en attendant que les intempéries et le vent n'entraînent les radionucléides plus loin...

QUELQUES ASPECTS DE LA SITUATION MÉDICALE
DANS LES TERRITOIRES IRRADIÉS

     La thyroïde est une glande endocrine constamment assoiffée d'iode, lequel est un des constituants fondamental de l'hormone qu'elle produit, la thyroxine. Malheureusement, la thyroïde ne sait pas distinguer entre l'iode «normal» et l'iode 131, son isotope radioactif, qui est libéré en énormes quantités lors d'accidents nucléaires. Elle fixe donc l'isotope et le concentre dans les cellules comme un stock «normal» en prévision des besoins futurs. Bien que la demi-vie de l'iode 131 soit relativement brève (8 jours), sa forte concentration suffit à causer d'importants dégâts au niveau cellulaire. Les enfants sont particulièrement sensibles parce que leur métabolisme est plus intense que celui des adultes, mais aussi parce que leur espérance de vie est plus longue et qu'ils ont donc plus de temps devant eux pour développer un cancer.
     Dans les jours qui suivirent la catastrophe, la grande majorité des enfants reçurent des doses de plus de 30 rad sur la thyroïde. Des dizaines de milliers ont vraisemblablement reçu 200 rad et plus, parfois jusqu'à 1000 rad. On sait que 200 rad sur la thyroïde d'un enfant en bas âge peuvent être suffisants pour qu'une tumeur maligne de la thyroïde se développe dans les décennies qui suivent.
     D'ores et déjà, la pathologie thyroïdienne est au coeur des préoccupations médicales en rapport avec l'accident. De très nombreux enfants présentent des anomalies thyroïdiennes, des
goitres, et les premiers cas de cancer apparaissent. Chez l'enfant, cette maladie était pratiquement inconnue jusqu'ici.
     La «prophylaxie à l'iode» consiste à saturer au plus vite la thyroïde en iode (absorbé par voie orale) afin qu'il n'y ait plus de «place libre» pour l'iode radioactif qui se présente. Dans le cas de Tchernobyl, les effets de la prévention sont difficiles à estimer. Les tablettes d'iode ont été distribuées tardivement et dans la plus grande confusion.

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     Le nombre des leucémies infantiles a considérablement progressé, surtout en République biélorusse, beaucoup plus gravement touchée par le nuage atomique que ne l'a été l'Ukraine. La progression est de 50% en une année à l'Hôpital central de Minsk. A part l'augmentation du nombre des cas, on est aussi frappé par le fait que la maladie apparaît à des âges de plus en plus jeunes. Ainsi, on a recensé plusieurs cas de leucémies de nouveau-nés ce qui, avant Tchernobyl, était quasiment inconnu.
     Comme pour la pathologie thyroïdienne, il faut rappeler que le délai écoulé depuis l'accident est encore bien trop bref pour autoriser un quelconque bilan. Les effets de la radioactivité, surtout des faibles et moyennes doses, sont essentiellement tardifs. Plus un enfant est jeune lors de l'irradiation, plus le risque de développer une leucémie est élevé.
     Certains effets peuvent ne se manifester qu'à la génération suivante. Une étude parue récemment dans le très sérieux British Medical Journal recense une augmentation des leucémies infantiles dans les alentours de l'usine de retraitement de Sellafield, dans le sud de la Grande-Bretagne. Ce qui est intéressant, c'est que ni les enfants, ni leurs mères n'avaient été irradiés, mais uniquement les pères dans le cadre de leur activité professionnelle dans l'installation nucléaire. Il s'agirait donc, selon les auteurs, d'une transmission génétique de la maladie par l'intermédiaire de pères sains, mais ayant acquis une tare chromosomique par l'effet d'une relativement faible radioactivité.
     Transposée dans le contexte de Tchernobyl, cette observation est des plus inquiétantes. Les 600.000 «liquidateurs» qui ont travaillé au déblaiement et à la décontamination ont tous reçu des doses moyennes entre 25 et 35 rem. Certains sont malades, mais d'autres sont en apparente bonne santé. Combien y aura-t-il de maladies cancéreuses dans la génération suivante? Sait-on pendant combien de générations ces tares génétiques pourront se transmettre?
     Les fausses-couches et les malformations sont en augmentation, mais ce ne sont pas seulement des tares génétiques qui en sont responsables. Chez 20% des femmes de certaines régions, on a trouvé des fibroses placentaires, c'est-à-dire un épaississement des tissus responsables des échanges, notamment gazeux, entre la mère et l'enfant, avec pour conséquence une anoxie du foetus. On a même trouvé des cas de sclérose du placenta, ce qui correspond à une forme extrême de durcissement. Ces anomalies n'étaient pas connues avant.
     A l'Institut de recherche en gynécologie et pédiatrie de Kiev, on apprend que les anémies gravidiques ont augmenté de plus de 100%, passant de 2,5% à 5-10%. Il en est de même pour les hémorragies pendant les accouchements et, dans une moindre mesure, des toxicoses, ces complications graves de la fin de grossesse, dont les manifestations les plus fréquentes sont l'albuminurie, l'hypertension artérielle, des crises convulsives pouvant entraîner la mort de l'enfant et même de la mère.
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ÉTAT GÉNÉRAL DES ENFANTS
ET PROBLÈME PSYCHO-SOCIAUX

     C'est bien entendu l'état de santé des enfants qui inspire le plus d'inquiétude. De manière générale, ils ont tendance à être plus souvent malades à cause d'affections banales, infectieuses. Celles-ci évoluent de manière traînante avec de fréquentes complications.
     Sur un autre point, les témoignages des médecins, des parents, des éducateurs et des infirmières scolaires concordent tous: les gosses se plaignent de maux de tête, de maux de ventre, de vertiges, saignent souvent du nez et souffrent d'anémie. Les enseignants signalent aussi de fréquentes pertes de connaissance en classe. Les résultats scolaires sont en baisse, la mémorisation et la concentration font défaut. Interrogés sur le pourquoi de cette lassitude, les enfants répondent: «A quoi est-ce que ça sert de travailler à l'école? Nous allons peut-être mourir avant d'être grands... »
     De tels témoignages sont bouleversants. Ils sont la forme extrême du «No Future», qu'aggrave l'actuelle crise économique de l'URSS et la crise des valeurs qui l'accompagne.
     «Tout cela est fort regrettable et triste, mais, bon sang!, ça n'a plus aucun rapport avec la radioactivité et l'accident de Tchernobyl! Si les enfants font des bronchites ou des mauvais résultats scolaires, les causes n'en sont certainement pas l'explosion du réacteur atomique», diront certains.
     Eh bien si! Et je vais m'efforcer de démontrer pourquoi.

NÉCESSITÉ D'UNE DÉFINITION GLOBALE
DE LA SANTÉ

     Certes ni la bronchite et les saignements de nez du fils de Serguei Nicolaïevitch, ni les maux de ventre de sa soeur ne sont des conséquences directes de la radioactivité.
     Toutefois, bien des maladies pourraient résulter d'une diminution des résistances immunitaires. Chez l'enfant, le thymus est le principal producteur de lymphocytes T, dont le rôle est central dans la production des immunoglobines. Or le thymus, qui s'atrophie à l'âge adulte, se situe dans le voisinage immédiat de la glande thyroïde, dont nous avons vu à quel point elle fut capable de concentrer la radioactivité dans les jours qui suivirent la catastrophe.
     Il n'existe pas de tests simples pour juger de l'état immunologique d'un individu ou d'une population. Mais il est plausible d'admettre que l'immunité des populations irradiées est diminuée et que chez les enfants la qualité des lymphocytes T est diminuée à cause d'une atteinte du thymus. On ignore dans quelle mesure cette dysfonction est réversible. Rappelons que ce sont les mêmes lymphocytes T qui sont pathologiques dans l'infection par le virus HIV qui occasionne le SIDA (syndrome immunodéficitaire acquis). Est-ce pour cette raison ou par simple intuition qu'on parle, en Ukraine, du SIDA de Tchernobyl?
     Les enfants de Serguei Nicolaïevitch ont assurément été irradiés. Personne ne peut dire quelle dose ils ont reçu. Les parents vivent dans l'angoisse permanente de l'apparition d'une maladie grave. Cette crainte est parfaitement justifiée et il est inadmissible de taxer l'angoisse de la population de «radiophobie». A cela s'ajoute le scandale de la désinformation qui a parcouru l'Europe à la même vitesse que le nuage de Tchernobyl et a révélé la fragilité et la perfidie de nos systèmes d'informations, tout en contribuant largement à désécuriser les citoyens.

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Inutile de dire que plus un pays est dépendant du pouvoir atomique, plus il pratique, aujourd'hui encore, la désinformation, la France détenant la triste première place.
     Sans espoir de retour sur leurs terres empoisonnées pour des générations, les populations évacuées vivent un drame d'un genre nouveau dans l'histoire de l'humanité. Au génocide, le nucléaire ajoute l'écocide et le locucide.
     Chaque pédiatre - et chaque médecin de famille - sait que la santé d'un enfant ne dépend pas seulement du bon fonctionnement de ses organes, mais aussi - et surtout - de l'intégrité de son environnement familial, social, scolaire et naturel. Il en va de même pour l'adulte.
     La vision classique, causale et réductionniste de la maladie doit être rejetée, parce que trop étroite, même si elle a encore largement cours dans de nombreux milieux médicaux qui, eux, sont empreints du déterminisme mécaniste propre au XIXe siècle, malgré toute la technologie d'avant-garde. Il faut la remplacer par une vision globale et systémique, dans laquelle les réflexions physiopathologiques n'ont pas plus de poids que des considérations psychologiques, familiales, culturelles, politiques et sociales comme autant d'éléments qui exercent de l'influence sur la santé de l'individu ou du groupe.
     L'environnement doit aussi être pris en considération dans l'intérêt général de la santé, comme l'exige la Charte Européenne de l'Environnement et de la Santé. L'article premier des principes fondamentaux stipule: «Bonne santé et bien-être exigent un environnement propre et harmonieux dans lequel tous les facteurs physiques, psychologiques, sociaux et esthétiques reçoivent leur juste place. L'environnement devrait être traité comme une ressource en vue de l'amélioration des conditions de vie et du bien-être.»
     L'accident de Tchernobyl n'a pas seulement empoisonné radioactivement toute une vaste région, il a brutalement déchiré un tissu social et culturel, ébranlé les repères politiques. C'est une destruction simultanée de plusieurs des «écosystèmes» dont dépend l'homme pour être en bonne santé. C'est la négation des références à la vie.
     Voilà pourquoi Tchernobyl est globalement pathogène.

ÉPILOGUE

     Ils sont encore nombreux les grands-prêtres du Progrès à chanter l'atome mortifère. Mais leurs voix s'enrouent et ils hoquettent.
     Face à eux se dresse, majestueux de beauté inhumaine, le sarcophage de Tchernobyl, radiant pour l'éternité. Il nous contemple et nous parle, à sa manière, comme une pyramide d'Egypte. Il nous conte l'histoire tragique et dérisoire du petit homme et de sa démesure. Il parle lentement, pèse ses mots comme un paysan vaudois. Rien ne presse, on a des millénaires devant nous.
     Au loin, il contemple Pompéï, rebaptisée, je ne sais pourquoi, du nom de Pripiyat. La vie s'y est arrêtée un jour d'avril, dit-on.
     Et là tiens! C'est la maison de la Belle au bois dormant entourée d'orties, de ronces et de cerisiers en fleurs. A l'intérieur un lit, des vêtements, des livres, de la vaisselle. Tout semble dormir paisiblement.
     Mais il n'y aura pas de Prince charmant.
     Il y a des loups.
     C'est la zone.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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KELLER, A.M. (1990), Zur Situation der vom Reaktorunfall betroffenen Gebiete in der Sowietunion, Institut für Med. Strahlenkunde, Würzburg.
GARDNER, Martin J. et al. (1990), «Results of a case-control study of leukaemia and lymphoma among young people near Sellafield nuclear plant in West Cumbria», British Medical Journal, vol. 30C, 17 Feb.
GRODZINSKI, Dimitri et al., «VierJahre nach Tschernobyl - noch immer sind die Folgen nicht abschätzbar», Deutsches Aerzteblatt, 87. Jahrgang, Heft 20, Seite 1614 ff.
GRAEUB, Ralph, L'effet Petkau, Editions d'En-Bas, Lausanne.
DER SPIEGEL (1990), Katastrophale Spätfolgen. Die Wahrbeit über Tschernobyl, no17, 23. April.
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CHARTE EUROPÉENNE DE L'ENVIRONNEMENT ET DE LA SANTÉ- OFFICE FÉDÉRAL DE LA SANTÉ PUBLIQUE, BERNE.
STSCHERBAK, Yuri (1988), Protokolle einer Katastrophe, Athenäum, Verlag, Frankfurt (traduit du russe).


1991: texte precedent